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Le centre d'Etudes et de Recherche des Dirigeants (CRD)
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Cadroscope’96
Thème: “ Cadres et Entreprises: les enjeux du changement ”
Echantillon: 512 Cadres et 200 entreprises (tous secteurs confondus).

Deux exemples:

1- Au plan des motivations (critères de satisfaction) et des relations de travail: on se trouve devant un paradoxe:

  • d’un côté, aussi bien les cadres que les dirigeants déclarent entretenir de bonnes relations de travail les uns avec les autres
  • mais d’un autre côté, ils se rejettent les responsabilités les uns sur les autres pour tout ce qui ne va pas:
  • le cadre n’est pas rassuré sur ses perspectives de carrière, et trouve le climat comme le management déficients
  • le dirigeant reproche au cadre son manque d’autonomie et de sens de l’initiative...!

Conséquence: le chef concentre les décisions à son niveau sous pretexte que ses collaborateurs n’ont pas tous les capacités requises, et le cadre s’accomode de cet état pour mieux se faire apprécier par sa hiérarchie !

On est en plein dans un “ consensus par le bas ”, où le chef décide et le cadre exécute... et où tout le monde est content et mécontent à la fois...!

Conclusion: l’entreprise fonctionne à 50 % de son potentiel !!!

2- Sur l’echelle des valeurs, c’est à dire les valeurs à partir desquelles les gens ajustent leur comportement dans le travail:

  • Ce qui vient en premier, pour 90 % des dirigeants, ce sont les “ qualités personnelles du cadre ” (qualité des relations, honneteté, intégrité)...
  • Vient en second, loin derrière, le “ professionalisme ” à 49 %
  • En 3ème la “ performance ” à 35 %
  • En 4ème la prise de responsabilité à 23 %
  • Et en dernier, l’esprit de challenge à 16 % !!!

En d’autres termes, par rapport aux critères qui font la force compétitive des entreprises dans le monde, à savoir “ le management par les résultats ”, on est en quelque sorte dans un rapport inversé: on n’attend pas du cadre d’être créatif et performant... mais d’être d’abord respectueux des normes (qui soit dit en passant, vont de soi)...

Et le plus remarquable dans l’affaire, c’est que, pendant ce temps là, la grande majorité des cadres (66 %) déclare avoir été augmentée en 1995 !!!

Ce qui veut dire que dans nombre d’entreprises, la tendance serait de rémunérer la non performance !!!

Conclusion:
Il faut absolument renverser les normes du management au Maroc, si l’on veut se battre dans la cour des grands !

Comment ?
C’est là où prend tout son sens le concept de “ changement par la rupture ”... Il faut, partout, créer un déclic pour débloquer les résistances et les énergies...

Question de “ mental ” ! que les athlètes connaissent bien. A côté de la préparation physique, c’est le mental qui fait la différence, fait gagner une seconde ou 1/10 è de seconde pour battre un record !

C’est vrai aussi de l’entreprise ou de l’économie d’un pays...Si vous fixez à votre entreprise un objectif de croissance de 5 %, tout le monde va se caler sur cet objectif; même si, à un endroit ou un autre, on sait qu’on peut le dépasser !. Si un matin vous décidez que cet objectif ne sera plus de 5 % mais de 50 %, vous allez commencer par affoler les gens, mais après, vous n’obtiendrez peut-être pas 50, mais 20 ou 25 % !

Question aussi de vision et de logique d’action:

  • passer d’une logique “ curative ” à une logique “ pro-action ”
  • donner l’exemple
  • faire confiance
  • reconnaître les mérites et valoriser les compétences


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